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[Scénario] Le Phobophage

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Edward Tesla



Sexe: Masculin Nombre de messages: 21
Age: 20
Date d'inscription: 22/01/2009

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MessageSujet: [Scénario] Le Phobophage Mer 18 Mar - 21:57

« ... et en ce qui concerne cette histoire de vols dans les entrepôts et la recrudescence de violences au sein de la Cité , Edgar, je compte sur vous pour remettre sur pied une police efficace. Vous avez 72 heures.
Il en sera fait ainsi Horloger.
Bien, nous reprendrons cette réunion demain. Loué soit Shoornal. »

Les huit autres personnes présentes autour de la table circulaire métallique reprirent en cœur la courte prière avant de se lever pour se diriger à pas lents vers l’ immense porte située à l’ extrémité Nord de la salle. De l’ autre côté l’ Horloger et la Main du Temps sortirent par l’ autre issue, donnant sur leurs bureaux respectifs. Une fois arrivé dans ses quartiers, Edward Tesla se dirigea vers le balcon et sortit humer l’ air frais de ce début d’ après-midi. Il faisait encore beau en cette saison, mais au loin, il sentait approcher insidieusement l’ Ere du Crépuscule. Comme une maligne tempête se drapant de nuages blancs pour mieux déchaîner ses foudres une fois en place. Allumant une cigarette, il pesta à mi-voix : il détestait que l’ ordre de sa Cité soit troublé, ces vagues de vols et de pillages dans les entrepôts de nourriture masquaient mal l’ état d’ esprit dans lequel plongeait lentement mais sûrement Amestis. Les ressources commençaient à manquer, et le rationnement était obligatoire. Cependant, il n’ accepterait pas de laisser vivre ses citoyens dans cette situation plus longtemps, il fallait trouver une solution… rapidement. Gueresia… Machinalement, il fit tourner la tige de tabac entre ses doigts, d’ après les dires de certains voyageurs, cette Cité serait le meilleur moyen de rétablir la normalité, mais l’ impasse était claire : pour beaucoup, cette ville à la situation géographique totalement floue n’ était que légende, et Edward ne pouvait baser l’ ordre d’ Amestis sur une légende. Il se promit cependant de creuser cette unique idée.

Quelque chose d’ autre troublait aussi sa Cité, un mal dont il n’ avait pas connaissance, mais qui existait… il le sentait dans ses os, mais aussi dans les remarques métaphoriques de l’ Oracle. Les paroles de Shoornal à ce sujet étaient rares et toujours enveloppées d’ une chape de non-sens que l’ Horloger avait toutes les peines à percer. Retournant à son bureau, la vision du cristal Gauss siégeant sur son socle attira son regard, posant sa tête entre ses mains, il l’ examina, comme toujours.

« Euh… Monsieur Tesla ? »

Il fut tiré de sa rêverie par la petite voix qui d’ un ton craintif venait de l’ appeler. Détachant son regard du cristal, il posa ses yeux sur le visage de sa secrétaire. Une remplaçante supposée temporaire, l’ autre étant au lit après une intoxication alimentaire, il songeait cependant de plus en plus à garder celle-là, bien plus agréable à regarder que l’ autre. Au dehors le Soleil commençait à décliner lentement. Combien de temps était-il resté là, captivé par ces lueurs vertes évanescentes ? Il n’ en avait aucune idée, c’ était ainsi, comme toujours.

« J’ ai frappé mais vous ne répondiez pas alors je…
Désolé. Et donc ?
Euh, votre mère a envoyé un message, elle voudrait que vous passiez la voir.
Maintenant ?
D’ après elle, c’ est urgent…»



Edward s’ arrêta face à la maison de métal gris, une bâtisse modeste sur deux étages mais située proche de la Ziggurat. Appuyé sur sa canne, il observa l’ endroit qui l’ avait vu grandir, de si nombreuses années avaient passées maintenant, depuis qu’ il était parti, depuis qu’ il était entré à l’ Ecole de Shoornal… Sortant de sa rêverie, il monta la volée de marche et sonna à la porte. Une demi-minute plus tard, le visage souriant d’ un homme approchant à pas sûrs de la quarantaine lui ouvrit, le cadet de la famille Tesla : Richard. Les frères se serrèrent la main et Richard l’ invita à entrer. Dans le salon, Edward n’ eut qu’ un pas à faire avant que sa mère, Wasp, ne sorte de la cuisine en portant un plateau de thé, après l’ avoir déposé sur la table, elle lui claqua deux bises sonores sur les joues.

« Eddy mon p’tit bouchon, viens, assied-toi. »

Edward ne put réfréner un sourire sincère, quelque soit l’ âge qu’ il aurait, quelque soit sa position hiérarchique, jamais sa mère ne changerait sa façon de l’ appeler de quand il avait six ans. La discussion fleuve s’ engagea rapidement, ils parlaient de tout, et de rien. Mais l’ Horloger n’ était pas fou, quelque chose en eux trahissait une préoccupation importante. Après tout, il était politicien, les sous-entendus, tant qu’ ils n’ étaient pas divins, il savait les reconnaître. D’ un geste, il leur demanda de passer à la suite :

« En fait, si on t’ as appelé c’ est aussi pour te parler de quelque chose de grave.
J’vais faire court : ma femme est revenue d’ une sortie avec ses amies hier soir, et elle m’ a raconté qu’ elle avait rencontré une dame dont la fille avait purement et simplement disparue…
Disparue ?!
Attend, c’ est pas tout. On n’ en parle pas beaucoup, mais il s’ avère qu’ on a observé de nombreux cas de disparitions depuis ces deux derniers mois.
Des missives ont été envoyées à la Ziggurat, mais il n’ y a eu aucunes réponses.
Le Département de la Justice est en pleine réformation en ce moment. Vous pensez que ça pourrait avoir un lien avec… ?
Lesly ? Rien n’ est sûr.
Tu pourrais voir si quelque chose peut être fait ?
Plutôt deux fois qu’ une… »

De retour à son bureau, Edward avait ruminé pendant une heure entière : la nuit était tombée sur Amestis, sa journée était officiellement finie, il était désormais libre de ses mouvements. Demain, il mettrait ce sujet sur la table durant le Conseil des Exarch, mais pour le moment, il savait ce qu’ il avait à faire. Empoignant son manteau, il se dirigea vers une grosse malle dans son appartement. L’ ouvrant, il dépoussiéra son plus vieil ami. Duke Red, l’ instrument de mort qui avait cloué au sol bien des pillards et autres perturbateurs de la prospérité d’ Amestis. Il ne savait dans quoi il s’ embarquait et ce qu’ il allait bien pouvoir découvrir, mais cette affaire ne sentait vraiment pas la rose et il préférait être prudent. Sanglant l’ arme dans son dos, il attrapa son chapeau et se dirigea vers le niveau inférieur de la ville.


L’ ambiance ici était si différente. Le Soleil n’ illuminait que rarement dans la partie basse d’ Amestis, alors ses habitants avaient recrée la lumière à grands renforts de lampes colorées ou autres artifices allant du grotesque à l’ ingénieux. Edward, contrairement à nombre des hauts dignitaires de la Cité, descendait très souvent pour se mêler à la populace, là où les gens, même voyant en lui l’ Horloger, venaient discuter avec l’ Homme. C’ était cela qu’ il aimait, cette ambiance simple et chaleureuse, de quoi décrasser un homme des affres de la politique et de la mondanéité. Malgré le manque de ressources, la plupart des habitants ici continuaient à vivre du mieux qu’ ils pouvaient, demandant juste à Shoornal de raccourcir au maximum ces temps de crise.

Il s’ arrêta devant une enseigne colorée, même depuis l’ extérieur, il pouvait entendre les bruitages inhérents à tout établissement servant de l’ alcool et disposant d’ une telle renommée. Le Drink Steam était effectivement le bar le plus connus d’ Amestis de très nombreux ouvriers y venaient à la fin de leur service, mais aussi des gens plus fortunés comme des architectes, des avocats ou même des militaires plus ou moins gradés. L’ endroit était d’ ailleurs prompt à attirer les rares visiteurs de la Cité qui y étaient bien plus rapidement adoptés que s’ ils s’ étaient cantonnés aux zones plus orthodoxes. En entrant, Edward ne put réfrènera un long souffle de surprise, malgré les fenêtres ouvertes, l’ ambiance y était étouffante. L’ architecture, elle, était complètement imprévisible, des rouages et des pistons en marche parsemaient la salle d’ un bout à l’ autre au milieu d’ inventions uniques allant de la choppe à vapeur jusqu’ à la pompe à réaction. Fendant la joyeuse foule, Edward vint s’ accouder au comptoir bondé :

« Ah Eddy, j’te sers quoi mon cher Horloger ?
Me faudrait une bière. »

Le barman tira une série de commandes et un instant plus tard, un verre plein se matérialisait sur le comptoir face à Edward. Le système était extrêmement ingénieux, tout se faisait sous le comptoir creux, les verres apparaissaient amenées par des palettes ouvrant des petits volés disséminés sur ce qui était un chef d’ œuvre au sein de la classe populaire d’ Amestis. L’ Horloger remercia d’ un regard l’ homme avant de fixer son regard sur lui, désormais bien plus sérieux.

« Karl, viens voir.
Ouais ?
Affaire de disparitions d’ enfants depuis environ deux mois, ça tire un de tes pistons ? »
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Mickaël Voltz



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MessageSujet: Re: [Scénario] Le Phobophage Jeu 19 Mar - 2:12

Il y a des journées ou le tout à chacun se dit qu’il aurait mieux fait de resté couché chez lui, que même si son lit n’a rien de vraiment confortable il sera toujours mieux que la position actuelle, pourquoi m’avoir obligé à faire cela ?

« Par Shoornal, qu’est ce qui lui est arrivé à celui là ! »

Mes ordres étaient venus d’en haut de l’ordre du creuset d’or ou du moi au dessus de moi, et à l’heure actuelle au dessus de moi peut vouloir dire n’importe quel autre chevalier que moi…

« Un accident à la mine, un effondrement des fondations, c’est le premier blessé découvert. On a su que vous étiez là vous allez surement pouvoir le sauver ! »

Quelle merde…

« Amenez le sur cette table, vous amenez moi des compresses et de l’eau chaude, vous je veux des outils aseptisés et pas votre contrebande de bas étage amenez moi du vrai matériel ! »

Les deux gourdes qui servaient d’infirmières dans l’infirmerie générale du conglomérat minier s’activèrent à suivre mes directives au plus vite alors que j’entamais mon diagnostique.

« Bon alors nous avons une fracture du crane de deuxième niveau, la dure-mère est touché, l’arachnoïde endommagée, l’hémorragie semble importante. L’oculaire droit est perdu, l’ablation est nécessaire. IL me faudra au moins pour ce mineur une plaque neurale VZR 709 et un oculaire, a vue de nez, un PER 260 devrait lui suffire. Vous devez avoir ca en stock non ? »

Et c’est avec une absence complète de motivation que je me mis au travail, un coup de scalpel par là, un coup de ciseaux par ici, préparation à la pause mécanique etc…
Le merveilleux message m’avait été donné un peu plus tôt dans la journée : Chevalier Mickaël Voltz, Nous, conseil de l’ordre du creuset d’Or avons l’honneur de vous assigner une tache… et bla bla bla… Nous Nous devons de paraître intéressés par les malheurs du peuple de notre nation… et bla bla bla… vous êtes donc chargé de mettre en place une permanence médicale au conglomérat minier jusqu’à nouvel ordre. Loué soit Shoornal. Et c’est ainsi que ma journée commença…

Deux opérations plus tard, quelques blessures et un fainéant voulant me soudoyer pour un arrêt de travail prolongé, je pu enfin prendre congé et finir cette journée de travail ô combien fatigante et inintéressante. Je pris donc le chemin de ma demeure, un chemin que j’empruntai de plus e plus de fois ces temps ci, l’ordre me prenait vraiment pour un larbin… Semaine une, permanence chez les mineurs, semaine deux quelques apparitions en public, semaine trois permanence chez les mineurs… Au plus j’y pensais au plus je m’apercevais que j’étais un larbin…
Perdus dans mes méditations mélancoliques je me dirigeai inconsciemment vers ces petites marchandes de journaux, Sonia une gamine souriante d’une dizaine d’année vendant les journaux avec sa sœur Edwige peut être un peu plus vielle, que j’avais pris l’habitude d’aller voir tous les jours pour me tenir des informations que les journaux lançaient au peuple. Les Exarques étant ce qu’ils étaient, la censure existant bien que non révélées il fallait réussir à lire entre les lignes pour savoir ce que voulaient nous apprendre nos dirigeants. Tous ici présent étaient d’accord sur le fait que l’Horloger était une personne admirable, moi le premier, qualificatif pas forcément adapté à l’ensemble des prêtres occupant le siège d’Exarque… Mais bon la politique est ce qu’elle est… C’est donc l’esprit sombre et mélancolique que je m’approchai de l’ainé…

Arrivé à quelques mètres d’elle je me rendis compte que la jeune fille était en pleurs, ses larmes coulaient le long de son petit visage rond, la saleté et le liquide collant ses longs cheveux bruns à son visage enfantin, ses sanglots couverts par le bruit de la ville à la sortie du travail. La ville était en effervescence et personne en ce bas monde n’avait à faire d’une pouilleuse en pleurs. Que Shoornal nous vienne en aide…

« Tu n’as pas de journaux aujourd’hui ? »

J’avoue que j’aurai peut être pu trouver plus adapté comme approche, mais la situation étant ce qu’elle était je ne trouvai rien de mieux… Elle en revanche fondit de plus belle en pleurs.
« Sonia, elle est plus làaàaàaaa… »
Je ne su que répondre à cet instant, certes la vie était rude à l’heure actuelle avec le rationnement et ce genre de situation était de plus en plus fréquente mais jamais cela ne m’avais touché d’aussi près. A force de voir ces gamines tous les jours on finit par s’y attacher… Trop peut être…
« …Et elle est ou ta sœur ? »
« On l’a enleeeeevéééééée … »

Certains passants se retournèrent devant la scène qui se passait en pleine rue et pour éviter plus de rumeurs qu’il y en aurait déjà je proposai à la jeune fille de me suivre chez moi et de m’expliquer ce qui s’était passé. Après cinq minutes de marche ensanglotés nous arrivâmes enfin chez moi et la jeune Edwige pu m’expliquer son problème entre deux sauts de voix ou coups de mouchoirs, les deux sœurs habitaient les bas fonds de la cité d’Amestis, un endroit peu sur pour les nouveaux venus mais un terrain d’enfant pour les locaux, elles s’endormirent à deux hier soir, se réveillèrent à deux ce matin, allèrent ensemble sur leur lieu de vente puis Edwige alla chercher ses journaux chez le gros Will, un imprimeur en charge de la mise en page d’un journal, le Daily Cog, et quand elle revint à son point de départ la jeune fille n’était plus là. Cela fait six heures qu’elle pleure, six heures seule sans la moindre intervention, et après c’est moi le sans cœur… Touché par l’histoire de la jeune fille je me promis de chercher une réponse à ce mystère, cela me permettrait aussi de me réveiller de cette routine installée.

Une enquête oui mais par où commencer ? Un nom me vint instinctivement en tête, le drink steam, un des plus grand bars de la ville et un des seuls qui n’accueille pas qu’une majorité de soulards et piliers de bars, son tenancier, le dit Karl main grise en raison d’une proéminence mécanique de bonne qualité, était certainement la personne la mieux renseignée de tout Amestis. Si quelqu’un pouvait m’aider ce serait plus. Il ne restait plus qu’à voir le prix de cette information… Je saisis mon manteau de cuir noir, symbole de mon appartenance aux officiers de l’armée et m’engagea dans la rue. La nuit était déjà tombée et les rues semblaient bien moins accueillantes sans la lumière bienveillante du jour. Je pris une ruelle à droite, puis une seconde à gauche pour finir par arriver dans un autre boulevard ou se trouvait le dit Drink Steam. Je n’attendis pas plus et entrai dans le bâtiment. Mon entrée n’eu pas l’impact escomptée, de nombreux officiers étaient déjà présents et un nombre non négligeable de « bonne personnes » occupés les lieux pour me sentir à ma place. Je me dirigeai donc d’un pas assuré vers le bar et m’y accoudai.

« Salut la belle gueule, qu’est ce que je te sers ? Tu a l’âge de consommer au moins ? »
Sa main mécanique argenté me fit comprendre que l’homme au rire gras et jovial devais être le tenancier et c’est surement son absence de courtoisie qui en fait un des bars les plus réputés de la ville, ici, au moins, on m’abandonne tous les tracas des statuts et autres préjugés pour vivre simplement à la bonne grâce de Shoornal.
Je souris tout simplement aux dires de l’homme sans savoir réellement quoi répondre à ce genre de plaisanteries puis ajoutai
« Un whisky serait le bien venu, je crois que j’en ai bien besoin. »
« Et bin un alcool d’homme pour le bellâtre ! »

Karl appuya sur quelques leviers et mon verre apparut devant moi comme par enchantement, c’est beau la technologie…
« Excusez moi, je cherche des informations sur des disparitions, une disparition, une jeune fillette. Vous avez quelque chose là-dessus ? »
« Ecoute mon beau, là je suis en pleine soirée, bois ton verre, commence en un autre si tu veux et dès que le rythme sera plus cadencés on verra à ce moment là. »

Et sans avoir eut le temps de dire quoi que ce soit, Karl repartit une fois encore servir un autre homme donc le taux d’alcool n’était pas assez important à son gout. Je pris donc mon mal en patience et m’abandonna pour un moment à la compati de mon verre et de la substance brune contenue. J’observais la sale d’un air amusé, l’alcool aidant je pouvais admirer toutes les classes sociales de la grande ville de l’Horloger se confondre et boire ensemble, l’alcool avait au moins ce point positif, il rapproche ! Des mots me firent sortirent de ma rêverie actuelle
« Affaire de disparitions d’enfants depuis environ deux mois, ça tire un de tes pistons ? »
« Toi aussi t’en cherche ? Il y a déjà un mec qui m’a posé la même question il y a près d’une heure… »
Karl sembla me chercher du regard et me désigna « Bin c’est lui, le blondinet là bas ! »

L’homme au haut-de-forme se tourna vers moi et mon sang ne fit qu’un tour, l’Horloger. Edward Tesla, maître de la ville, seigneur et avatar de Shoornal ici bas, ici bas. Je m’avançai d’un pas hésitant et me présentai en espérant ne pas balbutier.

« Horloger, je suis le chevalier Mickaël Voltz, de l’Ordre du Creuset d’Or, sous les ordres de l’Exarque militaire Ludwig Van Campenol. Monseigneur c’est un honneur pour moi. »

La phrase était sortie sans être trop ridicule, c’était déjà ça. Nous étions donc trois à nous fixer du regard. Karl, le plus grand informateur de la ville, Edward Tesla, l’Horloger en personne, et moi… Mais qu’est ce que je foutais là ?!
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L'Apprenti Conteur



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MessageSujet: Re: [Scénario] Le Phobophage Jeu 19 Mar - 22:56

Tandis que Mickaël faisait face à l'Horloger, Karl déverrouilla un mécanisme, fit tourner une manivelle et frappa le comptoir métallique. Il tendit la main sous la fente délivreuse. Rien. Il recommença. Inutile, Il était déjà utilisé. L'informateur fureta rapidement et remarqua l'objet convoité entre les mains d'un client appuyé contre le bar. D'un coup sec, il l'arracha de ses mains en prononçant un "Urgence" d'excuse avant de la jeter devant les deux hommes.

- "Je sais que la Corporation des Informations n'est plus très appréciée depuis le début des restrictions, mais vous devriez tout de même faire attention à ce qu'il se passe dans les journaux, non ? Vous ne pensez pas, mon cher Horloger ? "

Sous leur nez, une copie de l'Ame-News du jour avait pour gros titre :

L'Ame-News a écrit:
Encore une disparition : La Justice impuissante !


Amestis, la Métropole, le Seizième jour du Neuvième mois


Durant la nuit du Quatorzième au Quinzième jour du Neuvième mois, un enfant a disparu.

Il s'agit cette fois-ci de la petite Rebecca Johnson, âgée de neuf année qui est portée disparue. Fille du Commissaire de la CEC (Corporation d'Exploitation du Charbon), elle aurait eu une soirée "normale" avant d'aller se coucher.

"Je ne l'avais jamais entendu crier comme ça ! On aurait dit qu'elle avait un monstre en face d'elle !" nous confie, émue, Horatia. C'est les larmes aux yeux qu'elle se souvient de la détresse que la fillette avait dans la voix, la dernière fois qu'elle l'a entendu. C'est en effet elle qui s'est rendu compte de la disparition de sa jeune maitresse quand elle a été réveillée par ses cris.

Pourtant, malgré la rapidité d'Horatia à intervenir, elle n'a trouvé qu'une chambre vide ne laissant pas le moindre indice sur cette disparition. Non seulement la porte de sa chambre était verrouillée à clef - il s'agissait d'une habitude de l'enfant - mais en plus, les fenêtres -la seule autre issue- étaient elles aussi bloquées de l'intérieur. Ni Rebecca, ni qui que se soit d'autre n'avait donc pu entrer. De plus, étant dans le secteur 6, les patrouilles privées auraient probablement remarqué toute chose inhabituelle.

Le mystère reste donc entier concernant sa disparition.

Une étrange coïncidence.

Rebecca n'est pas la seule dans son cas. En effet, depuis plusieurs semaines, d'autres enfants ont aussi disparu. Ce fut par exemple, le cas de Jack Stent le Cinquième jour du Neuvième mois, Phil Merin le Premier de ce même mois et Anna Jackson le Vingt-deuxième jour du Huitième mois. Chacun de ces enfants était âgé d'environ 8-9 ans et chacun a disparu dans des conditions similaires. Leur chambre était sécurisée et le reste de la famille jure à chaque n'avoir pas entendu un bruit avant le matin. Serait-ce un simple hasard ? Ou toutes ces affaires seraient-elles liées à une situation bien plus complexe encore ? Nul ne le sait...

Malheureusement, l'affaire traine.

"Aucun commentaire." Voilà la phrase froide et sans tact que nous a adressé l'enquêteur Mart Roberts, chargé de ces enquêtes. Loin de compatir à la douleur des familles, il semblerait qu'il ait décidé de faire trainer le tout. Ce genre d'affaire, normalement classées et terminées dans les premières soixante-douze heures après la disparition de l'enfant n'ont reçu ici aucune attention de la part de la Garde.

"Nous avons mieux à faire que de nous occuper du cas de quelques enfants en balade !" rajoute-t-il.

"Ils ont suggérés à plusieurs reprises que mon Jack avait juste fait une fugue sans vouloir rien entendre... Mais il est trop jeune pour ça ! Il n'a que neuf ans !", pleure Ingrind Stent mère du petit Jackson. Frustrée et humiliée, elle dû attendre plusieurs heures avant d'avoir une chance de parler à quelqu'un de plus qualifier.

Tristement, l'affaire s'enlise sans que personne ne puisse rien y faire.

Des hypothèses, mais aucune piste.

Parmi les rumeurs qui circulent à propos de cette affaire en voici quelques unes : "Ce serait le réseau criminel de la ville qui serait derrière toutes ces disparitions". "C'est un message de Shoornal pour nous rappeler que nous sommes tous soumis à sa volonté". "C'est l'œuvre d'un seul criminel à l'intellect très développé !". Chacune de ces hypothèses a le mérite d'exister et de dévoiler, peut-être une partie de vérité. Qui sait ?

Article rédigé par Steve Nighy.

_________________
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[Scénario] Le Phobophage

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