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[Scénario] L'Apprenti...

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Jia Xiang



Sexe: Masculin Nombre de messages: 45
Age: 18
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MessageSujet: [Scénario] L'Apprenti... Dim 15 Mar - 21:37

Chaque visite de Jia au sein de la vaste Cité Impériale lui laissait toujours la même impression d'être totalement perdu parmi une foule qui, malgré qu'elle soit composée de ce que l'on aurait pu appeler "ses semblables", ne présentait pourtant aucune similitude avec lui-même. Il était vrai qu'il était un homme que l'on aurait pu qualifier de ...légèrement excentrique. De plus, l'endroit duquel il venait, le Comté de Gāo Chao, était un peu plus isolé que les autres régions; la tranquille jovialité spécifique à ses habitants, née d'une répartition presque aléatoire de l'emplacement des divers villages, et de la taille réduite de ceux-ci, contrastait grandement avec le dédain apparent arboré par une grande partie des nobliaux de la capitale. Qui, pour Jia, n'étaient d'ailleurs que des parasites profitant de l'état de l'Empereur. La réelle noblesse ne pouvait être atteinte que par l'honnêteté, et non par une hasardeuse affaire d'hérédité.

Ayant réussi à fausser compagnie à la troupe de gardes que ses conseillers le contraignaient à conserver autour de lui partout où il allait, sans lui demander au préalable, pour "assurer sa sécurité", alors que sa propre opinion de la sécurité était l'assurance d'une parfaite discrétion, il était donc allé directement au Palais, où il avait été mandé pour représenter Gāo Chao au Conseil des Neuf. Les formalités de ce type n'étaient clairement pas sa tasse de thé; cependant, il se contraignait, en ces occasions, à respecter un tant soit peu l'étiquette. Mais ce n'était pas non plus pour cette raison qu'il avait changé la moindre chose à sa tenue habituelle, ni même laissé son ample manteau vert dans sa résidence, chose qu'il ne ferait d'ailleurs pour rien au monde car il s'agissait tout bonnement de son porte-bonheur personnel. La chance qu'il lui apportait ne lui avait, selon lui, jamais fait défaut.

Pour cette fois, Jia arborait le masque de Fēng Dù, et se présenterait donc sous cette identité tant qu'il ne serait pas forcé, par la tournure des événements, de l'ôter afin de garantir le sérieux de sa participation à cette assemblée. Il n'aimait pas particulièrement avoir à le faire, mais chaque geste considéré comme déplacé était bien vite interprété comme un affront en ce milieu. Et d'ailleurs... En parlant d'affront, la seule personne avec laquelle il s'en autorisait un bien particulier, d'ailleurs identique depuis leur rencontre, venait d'entrer dans son champ de vision alors qu'elle se dirigeait droit vers l'imposante entrée du Palais Impérial. Et l'occasion était parfaite pour lui. D'un geste rapide, il tira une petite pièce de monnaie de sa poche, avant de la coincer entre l'index et le pouce de la main droite. Une détente, d'un coup sec... et l'objet métallique prit son envol, décrivant une courbe sublime - presque autant que celles de sa cible, en vérité - avant de venir se perdre au beau milieu de la volumineuse masse capillaire de Kyogi et forçant Jia à réprimer un éclat de rire derrière son masque. Dès leur première rencontre, il n'avait clairement pas apprécié cette femme, qui lui donnait une impression sinistre, presque malsaine, comme s'il devait à tout prix l'éviter. Ne pouvant pas le faire, il avait tout simplement pris le parti de l'agacer tant que cela lui serait possible tout en couvrant ses arrières. Imaginant l'éventuel air furieux de sa victime, le seigneur s'avança vers elle, prenant tout de même le parti de s'incliner profondément en arrivant à sa hauteur.


- Oooh, Kyogi-Gozen! Mes salutations. Je vous prie de m'excuser pour ce petit incident. J'allais faire l'aumône d'une modeste pièce à un pauvre mendiant aventuré jusqu'aux beaux quartiers lorsque, soudain, celle-ci m'a glissé des mains... Puisqu'elle est venue vers vous, je dois en conclure que vous attirez la bonne fortune. Eh bien, je ne vais pas aventurer ma main dans votre chevelure, au risque de la déranger... Je vous laisse l'en ôter vous-même, c'est bien plus prudent, vous en conviendrez. Inutile de venir me la rendre, bien que je vous en sache gré; ce n'est rien, vraiment!


Et, après une nouvelle courbette, et lui tournant ostensiblement le dos sans réellement attendre de réponse - car, en tout cas, il la devinait fort peu aimable -, il s'apprêta à pénétrer dans l'immense bâtisse.



[HRP - Et hop, le premier post RP d'Ilu! \o/]

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"Qui connaît son coeur, se défie de ses yeux."
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Kyogi Gozen



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MessageSujet: Re: [Scénario] L'Apprenti... Dim 15 Mar - 23:23

Un pâle soleil de mars réchauffait la Cité Impériale. Le joyau de l'Empire, trésor des trésors, affublé de tant de titres grandioses et de culture surfaite, s'éveillait peu à peu aux promesses du printemps ; et déjà la chose déplaisait à Kyogi. Elle détestait cette clarté brutale, sans filtre et sans ambages d'un jour limpide et tiède. Le temps et les hommes le lui avaient appris ; la lumière du soleil ne convient qu'aux femmes du peuple, dont elle avive le teint rougeaud et révèle les pores épaisses. Ce qu'il fallait aux courtisanes était tout autre, et plus subtil ; les flammes irrésolues de riches chandeliers, la douceur compliquée d'une lumière que tamise une fenêtre en papier de riz... Tout ce qui laisse deviner au lieu de montrer si crûment, une clarté trouble et apprivoisée ; une lumière, au fond, qui cache bien plus que les ténèbres. D'ailleurs, seule une demi-clarté pouvait donner tout son charme hypnotique au maquillage si blanc qu'elle arborait. En pleine lumière du jour, la poudre qui recouvrait sa peau lui ôtait tout semblant de naturel ; un voyageur d'Amestis, par exemple, l'aurait certainement qualifiée de cachet d'aspirine.

Accompagnée de Saya, sa très jeune suivante, la Dame de Fuyuzora avait donc traversé sans plaisir les rues qui séparaient le temple des Brumes du Palais. Officiellement, elle rentrait simplement méditer dans les appartements que lui avait aménagé l'Empereur ; officieusement, elle s'était débarrassée de la corvée qui consistait à prononcer un énième sermon au Temple et pouvait à présent passer aux choses sérieuses, dans le calme inviolé de son alcôve. A Saya d'espionner le Conseil des Neuf, depuis la très petite pièce qui jouxtait leur salle de réunion ; de son côté, elle avait à examiner les rapports des Fils de l'Ombre payés par son temple, ses yeux et ses oreilles pour l'ensemble de l'Empire. Une appréhension, ou plutôt un sombre pressentiment que de très légers détails venaient de temps en temps consolider, la prenait depuis maintenant plusieurs mois ; c'était que certains nobles aient la folie d'en vouloir à la vie même de l'Empereur. Si Dame Kyogi était au coeur de bien des complots, et celle qui droguait jour après jour ce vénérable vieillard, l'idée était clairement dangereuse à ses yeux. L'Empereur était à sa merci, inoffensif et plus manipulable qu'un pantin, lui assurant le pouvoir plus sûrement que si elle portait elle-même la couronne. Mais s'il venait à mourir... Non seulement elle perdrait ce pouvoir, mais Yang Hua Lun se verrait certainement plongé dans le chaos, ces vautours convoitant la couronne n'ayant plus à se dissimuler. Si on devait, si vite, chercher un remplaçant à celui que ses sujets nommaient l'Empereur-Dieu, la guerre civile éclaterait à coup sûr. Et il était hors de question qu'elle laisse un tel massacre se produire. Il lui fallait assurer elle-même la sécurité de l'Empereur ; identifier et éliminer la menace ; peut-être, si nécessaire, commencer à instiller dans l'esprit de ses fidèles la figure d'un successeur à l'Empereur, qui n'avait jamais eu d'enfant. Malgré ses connaissances en médecine et en poisons, il paraissait évident qu'elle ne pourrait pas maintenir son amant longtemps en vie. Peut-être cinq ans encore... Mais cinq ans sont si vite passés. Elle se détestait de ne jamais avoir pu lui donner d'héritier ; elle, la première concubine, qui aurait alors monté en rang et en reconnaissance du peuple.

Toute à ses pensées, Kyogi n'avait pas remarqué la fine silhouette à une vingtaine de pas derrière elle ; l'homme qui la visait, et qui, pour reprendre sa plaisanterie favorite, lui décochait une pièce de monnaie qui fusa en direction de sa tête. Kyogi sentit ses poils se hérisser sur tout son corps, lorsque la pièce vint heurter l'arrière de son crâne. Inutile de se retourner pour connaître l'auteur de l'affront ; elle ne le connaissait que trop bien. Muyang Jia Xiang, noble de Gāo Chao, c'est-à-dire noble parmi les pécores ; un haut dignitaire, si on voulait, mais surtout un imbécile, un bouffon magistral, qu'elle haïssait d'autant plus qu'il était certainement le membre des Neuf le plus aimé du peuple et le plus influent. Ses masques ridicules et son mépris de l'étiquette le rendaient sympathique à la plèbe ; pour elle, c'était une preuve de plus qu'il fallait se méfier de lui. Quiconque, comme Jia Xiang, affichait volontairement l'imbécillité, avait selon elle bien davantage à cacher. Il représentait une menace, un potentiel adversaire de valeur dans ces jeux de trahisons politiques qui régissaient Yang Hua Lun ; mais aucun respect ne pouvait entrer dans la haine de Kyogi, car cet adversaire se permettait de mépriser les règles du jeu. Surtout, malgré les espions et les informateurs qu'elle possédait parmi toutes les classes sociales de l'Empire, Kyogi n'avait jamais entendu dire autre chose que du bien du Seigneur Muyang. Comme si, malgré sa position, malgré la corruption intrinsèque du système et des puissants, il avait choisi d'être intègre, lui seul. Un parangon de vertu, donc, un hypocrite. Quelqu'un dont le mode de vie était une façon de l'insulter, elle, corrompue jusqu'à la moelle et tissant les intrigues comme une vieille araignée. Quelqu'un qu'elle ne pourrait probablement jamais voir sans un sentiment instinctif d'hostilité. Extirpant d'un geste sec la pièce de cuivre de sa lourde chevelure, Kyogi pressa légèrement l'allure pour la remettre en mains propres à son propriétaire.

- Voici votre bien, Seigneur Muyang, dit-elle doucement, l'air aimable et les yeux glacés. Ne me remerciez surtout pas ; je sais bien qu'il vous faut faire l'aumône, pour paraître à la fois prospère et généreux.

Courtoise, elle s'inclina, avec autant de révérence que lui indiquait l'étiquette ; puis elle fit signe à Saya, qui regardait le seigneur avec une expression de très clair intérêt, et les deux femmes prirent congé pour entrer dans le Palais. La fraîcheur du corridor soulagea Kyogi, autant que les torches ouvragées qui éclairaient l'intérieur. Elle était à nouveau dans son élément. La jeune servante porta la traîne de son kimono, alors qu'elle montait vers ses appartements, interdits d'accès à quiconque excepté ses propres serviteurs. Assez perdu de temps avec l'autre imbécile. Des affaires plus importantes attendaient.


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« Qui médit de moi en secret me craint ; qui me loue en face me méprise. »


Dernière édition par Kyogi Gozen le Lun 16 Mar - 21:03, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: [Scénario] L'Apprenti... Lun 16 Mar - 20:55

C'était un jour comme beaucoup d'autres pour Gyokusai Haishi. Levé à l'aube, il s'était entrainé quelques heures avant de revêtir la tenue cramoisie de garde. Son travail n'était pas le plus excitant, il le concevait bien, mais ne l'aurait échangé pour rien au monde. En étant là, il remplissait le rêve de sa mère et rassurait son père déjà vieux. Pour combler ses parents -et plus particulièrement sa mère-, il ne lui restait plus qu'à avoir un enfant. Un garçon, si possible. Mais pour cela, il devait d'abord se fiancer à une jeune fille "comme il faut". N'en ayant trouvé aucune "convenable" aux goûts de sa mère, celle-ci s'était mise en tête de la marier avec une de ses "jeunes amies". De nature plutôt soumise, il aurait pu accepté, cependant, depuis quelques mois, une pensée l'obsédait. Celle de la jeune femme qu'il aimait.

Oh, non, il ne la connaissait pas très bien... Et elle ne le connaissait pas non plus... Ne l'avait même probablement jamais remarqué. Cependant, cet amour à sens unique lui avait suffit jusqu'à il y a peu. La voir passer derrière sa maitresse, l'entendre rire de l'autre côté de la porte, l'entrevoir sourire de temps à autre... Tout cela avait suffit durant des semaines à Haishi. Mais récemment, il avait décidé de tenter le tout pour le tout. Non, il n'était pas très fort. Non, il n'était pas très courageux non plus... Mais pour elle, il était prêt prendre le risque d'être humilié. Incapable d'écrire aussi bien qu'il l'aurait souhaité, il avait demandé à Meiki -un ami fonctionnaire- de bien vouloir écrire sous la dictée, les sentiments du jeune homme. Il avait ensuite resserré le rouleau à l'aide d'un ruban azur auquel il avait adjoint une petite perle. Ce n'était pas grand chose, mais il espérait tout de même la toucher grâce à ça. De peur d'égarer le précieux rouleau, coinça sous sa tunique, près de son cœur.

Il l'avait déjà aperçu au début de son tour, alors qu'elle partait en direction du Temple et s'était juré de se confesser à son retour. Le triste soleil qui avait baigné la cité impériale durant la journée commençait déjà à disparaitre derrière les plus hauts batiments du palais. Avec un peu de chance, elle ne tarderait plus, sinon, il devrait remettre le tout au lendemain. Inconsciemment, il imagina à nouveau la scène, telle qu'il la souhaiterait. Touchée par ses sentiments honnêtes et purs, elle accepterait sa proposition. Peut-être même lui prendrait-elle ses mains entre les siennes. Peut-être même oserait-elle... ? Non, tout de même pas. Après tout, c'était trop os~

Un hurlement étouffé suivit d'un raclement se firent entendre. Haishi et son collègue se mirent en position devant la porte. Kwon Sang-Woo était un bon bougre. Il avait l'habitude douteuse de retirer le haut de sa tunique pour montrer ses muscles à tout va, mais restait malgré tout, un homme de confiance. Après un signe de tête entendu, l'homme de Han JiBang frappa à la porte quatre fois. C'était le signal pour demander aux deux autres gardes, de l'autre côté de la porte, de venir en soutient. Lentement, la lourde porte de bois s'entrouvrit et laissa passer Udo et Ueda. A eux deux, ils formaient le duo "Double-U" réputé pour leur intelligence médiocre, leurs jugements mauvais et étaient la risée d'une bonne partie de la Cité.

Lentement, le soleil disparut intégralement derrière le bâtiment principal, laissant le hall dans une semi-obscurité. Haishi adressa une rapide prière à Shizuka-sama et apposa ses mains sur le bois des braseros qui prit feu instantanément. Les deux ridicules plongèrent leur torche dans les braises et s'approchèrent de l'escalier un peu plus loin. Rien, visiblement, rien. Les deux imbéciles se mirent à rire et à se moquer de Haishi et de son compagnon. Cela n'avait rien de surprenant... Ça leur ressemblait tout à fait. Mais, quand ils ouvrirent à nouveau la porte, tout changea.

En l'espace d'un instant, les torches éteintes et les braseros furent renversés sur la pierre froide. Udo et Udea furent tous deux tirés dans l'obscurité de l'escalier alors que leurs cris mourraient dans leurs gorges.

Kwon chargea. Haishi resta pétrifié de peur. Kwon disparu dans l'ombre en criant. Silence. Puis un second cri du pauvre Kwon. Le jeune Yang Ren se resta en position défensive et attendit.

Une vision. Un bond. Une chute.

Des vêtements déchirés du jeune homme, un rouleau tomba au sol.


Citation:
Une épine au flanc
Son corps gisait sur le sol
Son aimée venait

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[right:][i:]"Pourquoi être simplement méchant quand on peut être sadique ?"
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